5. La chapelle Saint Martin

« A propos de St Martin »: le christianisme, comme d’ailleurs bien d’autres religions et institutions spirituelles ou temporelles, au lieu de brûler toutes les idoles des croyances anciennes, a parfois préféré « revisiter », c’est-à-dire adopter, voire adapter quelques figures édifiantes parmi les dieux, demi-dieux, héros et autres célébrités des mythologies et histoires grecques et romaines pour en faire des saints patrons, protecteurs des populations et des récoltes.
Les soldats de Rome (les fameux légionnaires), avant chaque bataille, invoquaient le dieu Mars afin que « le sort des armes leur fût favorable ». L’un d’eux, Martin, centurion en garnison  dans le Val de Loire, se rendit célèbre dans toute la Gaule en partageant son manteau pourpre avec un mendiant transi de froid, du côté d’Amiens en 338.  Martin, ayant quitté l’armée, se convertit au christianisme ; il est baptisé en 355. Il fonde le monastère de Ligugé, dans le Poitou. En 371, porté par la ferveur des TOURANGEAUX, il est nommé évêque de Tours. Sa foi et sa  charité le rendent célèbre dans l’ensemble de la Chrétienté. Il crée de nombreuses églises et chapelles et fonde le monastère de Marmoutier, aux portes de la ville de Tours. Ce site, embelli d’une basilique – où il sera enterré – va devenir instantanément  un haut-lieu de pélerinage, voué au culte de St Martin ; Clovis, lui-même, le roi des Francs, viendra en 496 le remercier de lui avoir donné la victoire contre les Alamans, puis ensuite lors de la guerre contre les Wisigoths.
Nombre de localités des P.O. et d’ailleurs se sont placées sous la bienveillante protection de St Martin. A Caudiès, l’oratoire de l’illustre évêque de Tours est situé au milieu des vignes et des champs, entre les arrières du cimetière et le manteau végétal du Bac. On y accède par un chemin de terre qui serpente  dans la paisible campagne caudiésienne. Cette chapelle a été inscrite à l’inventaire général des sites. Outre son charme indéniable de modeste oratoire champêtre, ce petit édifice comporte, encastrée dans le mur Ouest, une pierre représentant le saint, à cheval, partageant son manteau. Il faut également jeter un regard à l’intérieur de l’oratoire où l’on voit un devant d’autel orné de deux écussons de pierre sculptés figurant les armes de Caudiès, sous l’Ancien Régime : un chaudron surmonté de deux fleurs de lys. Quelques tuiles du toit et des carrelages du parvis ont été brisés, vraisemblablement à la suite des intempéries, ce qui nécessiterait une petite intervention peu coûteuse, pour remettre notre saint,  si cher au coeur des Caudiésiens, dans un abri digne de la vénération que lui portent encore les communautés villageoises du Fenouillèdes et de l’ensemble de la région.

Pierre Armagnac

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